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Pol Quadens prend la liberté du retour aux sources

Pol Quadens Belgian designer

Chaise de moins d’un kilo, bibliothèque entièrement réalisée à la main… Pol Quadens, designer et sculpteur, aime les défis. Sa dernière œuvre, le Flint, en est un nouveau… de taille !

Alors qu’une de ses œuvres, présentées dans le catalogue d’une récente vente aux enchères AD Piasa à Paris, a trouvé acquéreur aux côtés de pièces des designers Shiro Kuramata, Ron Arad ou Martin Szekely, Pol Quadens travaille sur sa dernière création, une sculpture monumentale de 6 mètres de haut : le Flint. Comme toutes ses créations, ce silex géant en acier inoxydable poli miroir est une prouesse technique. Animé par des lectures philosophiques qui ont nourri sa sculpture, Pol Quadens assume une forte indépendance d’esprit : « Je prends la liberté de faire ce que je veux comme un sale gosse et ensuite je trouve un acquéreur. » Le fil rouge des matériaux lui offre de belles expériences. Corian®, fibre de carbone ou métal, sa curiosité pour les matières est reliée à sa première vie professionnelle. Après un cursus artistique à Saint-Luc, Pol s’est mis à restaurer des voitures de collection. Cette activité pratiquée pendant dix ans, lui a permis d’acquérir de solides compétences techniques et lui semble aujourd’hui plus précieuse que ses études. De même, il rend hommage à l’âge béni de l’enfance, où il a baigné, grâce à son père, dans les domaines des matériaux composites et de la métallurgie.

Un homme en colère

Pol Quadens fabrique des œuvres qui se distinguent par des alternances de pleins et vides, des effets de porte-à-faux, admirablement gérés. « Je me joue de l’instabilité, du déséquilibre et de l’équilibre qui est aussi une affaire d’esthétique. J’essaie d’atteindre le point de rupture, la limite de la résistance mécanique. Cette limite générique touche à l’ontologie. Un arbre n’a pas, sans raison, une branche plus ou moins fine ou grosse… » Entre art et design, Pol dessine librement des formes qui sortent des ornières. En rupture avec le marché de l’art – qui donne trop de place à l’artiste au détriment du travail -, il dénonce aussi le narcissisme de certaines œuvres. Le Flint est sa réponse : « C’est un hommage au premier outil de l’homme qui marquait son passage en plaçant des pierres sur son chemin, une œuvre anonyme, le dessin du corps d’un homme. Avec le Flint, je retourne à la base de la base, à la racine de la racine. Certains y verront un silex, d’autres une flèche ». Et cette forme générique, habillée d’une matière reflétante, est destinée à dialoguer avec la nature environnante du parc du château de Vullierens, en Suisse, dans le canton de Vaud, qui a déjà accueilli, en 2018, sa sculpture « 16 Stones ».